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Chargé.es d'école en Haute-Marne

MAJ du 30 mai 2022

A l’heure où la politique est au regroupement des effectifs dans de grands groupes scolaires pour répondre à des logiques comptables, de petites écoles de campagne subsistent. Parmi elles, il existe de toutes petites écoles à classe unique le plus souvent, dirigées par un.e seul.e enseignant.e du premier degré.


L’école à classe unique, vestige de la loi Guizot de 1833, est depuis très longtemps une caractéristique du milieu rural. La volonté de ce ministre était d’ouvrir une école dans chaque commune pour y instruire le plus grand nombre d’enfants.


Depuis une soixantaine d’années, le nombre de classes uniques diminue : en 1960 on comptait 23.5 % de classes uniques dans l’enseignement public, contre 8.4 % en 2017. La baisse démographique et l’exode rural expliquent cette diminution significative, au-delà des politiques de regroupement. Il existe encore 3700 écoles à classe unique en France. Aux commandes de beaucoup de ces classes en voie de disparition, les chargés d’école. Mais tous les chargés d’école n’ont pas forcément une classe unique. Certains, comme dans les RPI* dispersés ont un seul niveau.


Il existe encore une quinzaine de chargés d’école en Haute-Marne.


L’ intitulé du poste fait souvent débat. Nous sommes seulement « chargés d’école » se plaît-on à nous rappeler régulièrement. Nommés sur un poste de direction une classe, nous devons assurer, comme tous les directeurs ou toutes les directrices : les réunions de directeurs avec l'IEN, les réunions avec le collège de secteur, les conseils d'école, le projet d'école, les tâches administratives d'inscription, de passage en 6ème avec le fameux Affelnet. Nous avons bien les indemnités de sujétions spéciales pour la fonction de directeur, une clé OTP qui nous donne un « accès directeur » pour toutes les manipulations à faire sur Onde, telles que les admissions dans l’école, les radiations, la prévision d’effectifs, organisons les élections de parents d’élèves, animons les conseils d’école, réactualisons le PPMS, envoyons les demandes de travaux à la communauté de communes, faisons le lien avec les élus, les parents d’élèves et l’APE, et gérons la coopérative scolaire. Entre autres. En plus de la classe multi-niveaux qui nous est souvent confiée (les chargés d’école ont parfois un seul niveau) et dont la préparation demande un travail conséquent.


L’ampleur de la tâche est conséquente et nous ne pouvons de fait rien déléguer à personne.


Le ou la chargée d’école, en plus de ses missions enseignantes, est l’interlocuteur direct de différents partenaires tels que les représentants des parents d’élèves, la mairie, sa hiérarchie et donc son IEN.


Les courriers adressés à toutes ces personnes se doivent d’être soignés, concis, et correspondre aux règles de bienséance, ce qui facilite grandement la communication. Cela prend du temps. Ces tâches sont effectuées hors temps scolaire, sur le temps personnel.


Les 6 journées de décharges de direction dans l’année attribuées aux chargé.es d’école sont très attendues. Nous avons le minimum de jours de décharges puisque nous n’avons qu’une seule classe. En dehors de ces décharges, nous sommes tous les jours en classe, tout en continuant de gérer la direction dès que les élèves sont partis. Parfois en même temps en cas de force majeure.Beaucoup de mails affluent sur la boîte professionnelle de l’école, et il faut prioriser : l’urgent d’abord et ce qui peut être temporisé ensuite, sous peine de finir noyé sous les nombreuses informations : circulaires institutionnelles, propositions d’animations pédagogiques, conférences, interrogations de parents d’élèves, sondages divers et variés, publicités pour des spectacles d’enfants etc.


Aucunement besoin de faire partie de la liste d’aptitude de direction pour être titulaire de son poste. En revanche, si par la suite un.e chargé.e d’école désirait postuler sur la direction d’une école à deux classes au moins, il serait moins légitime qu’un collègue n’ayant jamais eu de direction mais inscrit sur la liste d’aptitude grâce à un entretien réussi avec le jury composant la commission.


La formation ?

Il n’y en a pas, puisque les chargés d’école ne sont pas de vrais directeurs d’école pour l’administration. Elle se fait donc sur le tas. Faite de bon sens, de lectures du code de l’éducation et de débrouille. D’appels auprès de collègues généreux et bienveillants qui accordent un peu de leur temps déjà très précieux ou se tournent vers le référent directeur apparu en même temps que la loi Rilhac du 21 décembre 2021, dans chaque DSDEN, pour faciliter la tâche de ses collègues.


Certain.e.s chargé.e.s d’école sont seul.e.s dans leur classe, comme ceux ou celles qui travaillent en école élémentaire, à partir du cycle 2 (CP/CE1/CE2) ou cycle 3(CM1/CM2. A moins d’avoir une AESH (personne chargée d’aider un élève en situation de handicap), la solitude peut être pesante et pour certains qui ont déjà
testé ce genre de poste, ils sont vite revenus à une affectation permettant de travailler en équipe au sein d’une même école.


Au-delà de l’isolement du chargé d’école en élémentaire, se pose la question de la sécurité. Si un enseignant venait à faire un malaise dans ce type de classe, qui pourrait lui apporter les gestes de premiers secours ? Qui pourrait rassurer et protéger immédiatement les élèves ?


En revanche une classe unique de maternelle permet d’avoir une Atsem, ce qui présente l’avantage d’être au moins deux adultes dans l’école, sans compter le personnel périscolaire, lorsqu’il y en a. Les deux adultes composant l’équipe éducative, alors complémentaires dans leurs fonctions respectives portent à eux deux l’école, pilotée par le directeur, qui reste le responsable pédagogique. Le chargé d’école, comme tous les autres directeurs, est aussi responsable de l’emploi du temps de l’Atsem sur le temps scolaire, mais n’a aucune autorité hiérarchique sur celui-ci. Il doit d’ailleurs parfois déléguer des séances qu’il a construites à son Atsem, du fait de la configuration de ce type de classe. Cela peut être une expérience très enrichissante.


A condition de s’entendre.


Un Atsem dont le comportement serait oppositionnel pourrait nuire au chargé d’école de maternelle en l’empêchant de mener à bien ses missions pédagogiques et un huis clos toxique pourrait vite devenir infernal dans une classe unique ou le soutien de l’Atsem est plus que jamais fondamental.


Si d’aventure un.e chargé.e d’école avait du fil à retordre avec un Atsem et en référait à son supérieur hiérarchique ainsi qu’à son employeur, il ou elle pourrait rapidement se confronter au scepticisme de la commune qui emploie l’agent territorial d’une part et à l’IEN d’autre part, peu enclins à se positionner dans une situation délicate où les témoins se font rares. De surcroît, quand bien même des preuves de manquements professionnels seraient apportées, la volonté des institutions des deux parties de se ménager réciproquement se dessine bien souvent en toile de fond et il s’avère très compliqué de solutionner le problème.


A condition d’aimer faire cavalier seul, le ou la chargé.e d’école peut éprouver la liberté de choisir seul un projet pour son école, sans se heurter à une équipe qui n’adhère pas à son idée. Il peut aussi se mettre en lien avec d’autres petites écoles alentours pour mettre en oeuvre des projets communs.


Cette mission est très intéressante aussi dans la mesure où le dialogue s’établit avec tous les acteurs de l’école aussi petite soit-elle. Cette petite structure de
campagne conserve un charme indéniable et les rapports avec les usagers peuvent être y très chaleureux. Les habitants des petites communes apprécient que l’on aime leur école et que l’enseignant.e qui y travaille vienne avec plaisir faire classe aux enfants, qui en retour arrivent en courant pour apprendre, parfois avec un bouquet de jonquilles ou de muguet dans la main. Ce sont parfois des oeufs de poule, avantages de la vie à la campagne.


Un jour, la personne chargée de la direction une classe voit le couperet tomber sur l’école pilotée quelques années durant, et elle est contrainte de postuler ailleurs, en même temps que les élèves sont intégrés à de plus gros regroupements scolaires.


La mission de chargé d’école, en voie d’extinction, est quelque peu complexe, parfois épuisante, mais passionnante.


*Regroupement Pédagogique Intercommunal

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